Les geekeries d'Emmanuel Gontcho

L'informatique vue par Gem

01 juin 2008

Logiciels Libres... et l'Afrique ?

Le Logiciel Libre mis à part son côté libre qui permet à tout le monde de s'en procurer, le modifier et le redistribuer à sa guise sans toutefois retirer aux autres les mêmes les mêmes avantages, possède encore l'avantage d'avoir la majorité de ses logiciels gratuits. Les rendant ainsi accessibles à tous.

Seulement, l'accessibilité d'un logiciel n'est pas seulement facteur du prix. Les moyens par lesquels il est diffusé aussi comptent. Les logiciels libres sont presque tous (à part les systèmes d'exploitation) diffusés sur Internet. Ce choix s'explique par la relative facilité d'accès à Internet, et aussi parce que ne générant pas toujours des bénéfices, il est très difficile de les distribuer sur des supports comme des cédéroms. Mais apparemment, cette situation rend la tâche un peu plus difficile dans la diffusion des logiciels libres, parce que ce n'est pas tout le monde qui est connecté à Internet. Certains systèmes d'exploitation sont déjà livrés avec des logiciels de base comme une suite bureautique ou un logiciels de traitement d'image (je pense ici à Ubuntu), d'autres par contre, sur cédéroms, ne possèdent en plus du système de base qu'un navigateur internet (et cette fois je pense à Debian). Pour un anglophone, un cédérom Ubuntu sans logiciels supplémentaire peut dans une certaine mesure être suffisant. Mais pour un francophone, ça ne le sera pas, parce que si l'interface d'Ubuntu peut être configurée en français, les logiciels additionnels ne bénéficient pas de cet avantage sur le cédérom d'installation. Il faut recourir à Internet ou à un dépôt sur cédérom. Quant à Debian, la situation est encore plus difficile, parce que vous n'avez pas les logiciels supplémentaires. N'eût été le dévédérom que j'ai obtenu à l'achat du livre "Le Cahier de l'Admin : Debian Gnu-Linux", je n'aurai jamais eu OpenOffice et the Gimp sur Debian.

La conséquence est que dans les zones pauvres comme l'Afrique, le logiciel libre ne sait pas circuler. Internet même s'il est quand même parvenu à atteindre ces pays, n'est pas encore parvenu à rejoindre les domiciles en Afrique. Si ça ne vous coûte pas 160 dollars par moi, vous devez le recevoir avec un téléphone-modem (non compatible gnu-linux) avec une tarification à l'octet consommé. La conséquence est que l'Afrique qui devait être le plus grand bénéficiaire des logiciels libres, est celui qui le reçoit le moins.

Pour palier à ce problème, il est indispensable que des dépôts des logiciels libres (ubuntu, debian, gentoo, fedora etc.) soient aussi publié sur des cédéroms et des dévédéroms. Nous avons essayé de chercher sur internet des distributeurs de dépôts de logiciels, nous n'en avons pas trouvé. Debian et Ubuntu proposent le téléchargement gratuit de leurs dépôts sur Internet, mais mam'Africa ne sait pas télécharger. Et personne n'en vend. C'est une situation à décourager des initiatives comme celle de la fondation Maracouja qui ne sait plus trop quoi faire. Nous aurons beau parlé des logiciels libres, mais si nous ne savons pas les apporter au gens, ça ne pourra qu'être pire que le vaporware.

Par ce post, j'invite les militants du logiciel libre à étendre leur actions sur ce point, afin que les pays n'ayant pas accès à Internet puisse aussi recevoir les logiciels libres.

Posté par gem_as_geek à 11:53 - Fondation Maracouja - Rétroliens [0] - Permalien [#]

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